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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 19:30

" Les mots sont la plus puissante drogue utilisée par l'humanité."Rudyard Kipling



Oui, les mots sont une drogue aux effets sans pareil, capables de porter bien plus haut que tous les euphorisants. Ils nous font voyager, rêver, oublier, croire, ressentir, planer, délirer, aimer, créer, fantasmer, et même pour quelques uns... manger !...

Les mots créent le moyen de s'évader hors de la réalité, tout en prenant leurs racines en elle. Rien n'est jamais pure invention, l'imagination produit ses fruits en puisant dans des réserves de perceptions sensorielles et extra sensorielles...
Les mots semblent détenir un pouvoir magique, puisque par l'évocation des choses, ils développent la capacité de nous transporter dans un univers à la fois partagé et unique, puisqu'ils font naître des images ou des concepts, que chacun interprète avec ses propres facultés de transposition...
Les mots sont comme des tapis volants, que l'on emprunte sans en connaître toutes les fonctionnalités. On s'embarque sur leurs dérives, tels des explorateurs, aventuriers de sens et de rêves...

Les mots sont une drogue qui peut être violente même... Ils peuvent nous aveugler et nous asservir, quand on leur donne le pouvoir de nous conditionner à croire ce que l'on a envie de croire...
Les mots sont dangereux quand ils abusent de notre bonne confiance, et nous illusionnent dans des perceptions qui nous emprisonnent ensuite. Ils se font manipulateurs de nos sensations et de nos sentiments, quand ils sont agités par des mains qui les déversent dans le but de tromper ou de leurrer...
Les mots sont traîtres parfois, quand nous passons à côté de leur sens caché, et qu'ils nous font miroiter des idées ou des buts, qui ne reflètent aucun réalité...

Les mots d'amour sont à classer parmi les drogues dures. Ils sont suceptibles de créer de véritables dépendances... et de vrais mirages aussi... On ne se méfie jamais assez des mots, surtout quand ils nous murmurent ce qu'il nous est doux d'entendre...
Les mots de harangue, sont des poisons qui tuent nos capacités de discernement, et qui peuvent entraîner des foules entières, derrière des slogans de haine ou de lutte ingrate... par leur facilité de persuasion, de ralliement à une cause, pas toujours très claire, pas toujours bien expliquée ni comprise...
Les mots qui suggèrent, commettent leurs forfaits sans laisser de traces, puisqu'ils utilisent les voies de l'inconscient pour atteindre au mieux nos cerveaux perméables à toute susurration répétitive...

La puissance des mots est un phénomène connu, mais dont on a eu du mal à mesurer concrètement les effets. Nous ne pouvons qu'être conscient du pouvoir qu'ils ont... Ils sont notre moyen le plus accessible pour décrire la réalité, lorsque l'on veut la partager.
A l'oral ou à l'écrit, ils permettent de donner corps à la pensée...

Les mots peuvent aussi être une drogue pour ceux qui les utilisent comme exutoires à leurs tourments. Il résulte de cet usage un impérieux besoin d'écrire, et de les jeter aux quatre vents, en pleine inconscience de leur destination et de leur trajet...
L'usage des mots ne peut toutefois pas être réglementé, puisqu'il appartient à chacun de savoir les décrypter à leur juste sens, en tenant compte des circonstances ayant procédé à leur naissance... Les mots nous sont de toute manière... nécessaires...  parce qu'ils expriment plus finement que les gestes ou les grognements, les détails de nos pensées...


Accessibles à tous, en vente libre, sans contre indication reconnue malgré leurs effets secondaires possibles...
Ne soyons pas trop exigeants non plus... ...


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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 23:48

" Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard."
Honoré de Balzac

 



Ce n'est pas la volonté qui aide nos désirs à se réaliser, mais bien la force de la suggestion. La volonté à elle seule, n'est pas toujours source de motivation suffisante, c'est la projection de nos souhaits comme s'ils étaient déjà réalisés, qui nous aident à en prendre la mesure...

Quand on désire fortement une chose, nous y pensons très souvent...
Cet accaparement du champ de nos pensées produit son oeuvre sans que l'on en ait conscience. Là est d'ailleurs le danger, car toute pensée envahissant notre champ de conscience, tend à vouloir produire une réalité conforme à cette pensée...
Il importe donc à veiller au contenu de ses pensées.

Si nous nourrissons des pensées négatives, elles deviendront réalité au même titre que nos plus grands rêves. La force de l'optimisme n'est donc pas à prouver, car tant qu'à pousser à la réalisation de nos pensées, autant qu'elles nous soient bénéfiques ou favorables, plutôt que négatives ou destructrices...

Ainsi nomme-t-on "hasard" tout ce qui contribue à faire aboutir nos désirs dans une réalité plus concrète, alors qu'il ne s'agit que du résultat d'une suggestion active... Naturellement ce genre de raisonnement prête à sourire : comme s'il suffisait de penser pour que tous nos souhaits deviennent réalité...
Non, il ne suffit pas de penser, il faut aussi y croire !... Et là c'est plus difficile. C'est finalement la même chose que pour la religion : il y a ceux qui croient parce que cela fait partie d'une éducation qu'ils ont reçue, et ceux qui croient parce qu'ils sont intimement persuadés de l'existence de Dieu....
Chacun choisit son camp en son âme et conscience... sans oublier que l'inconscient demande sa part de reconnaissance aussi... même s'il nous semble difficile d'accès...

Le hasard n'est rien d'autre que des opportunités qui se présentent à des moments où nous ne ne les attendions pas. Parfois on sait s'en saisir, d'autres fois nous les laissons filer sans même les avoir remarquées... Cela dépend de notre degré d'attention, cela dépend des pensées du moment que l'on entretient...
Quand notre esprit est sans arrêt orienté vers le but auquel on tend, tout nous pousse à regarder les situations avec ce filtre-là. Nous sommes plus à même de distinguer ce que nous pouvons faire avec les possibilités que l'on a... comme un joueur de poker sait comment adapter ses actions au regard de son jeu, même quand celui-ci est mauvais...

Le hasard n'est pas phénomène irrationnel incompréhensible... Comment ferait-il aussi bien les choses s'il n'était pas en relation étroite avec nos souhaits profonds ?... Nous sommes sources de création du hasard en quelque sorte, mais nous ne pouvons pas consciemment activer cette créativité... Il nous faut lâcher prise avec notre rationalisme et notre cartésianisme si nous voulons accéder à nos fonctions plus élaborées...

Fariboles... peut-être... mais qu'est-ce qu'il nous en coûte d'essayer ?... ...


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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 09:54

" L'expérience à elle seule ne nous apprend rien, si l'on ne prend pas le temps d'y réfléchir."
Robert Sinclair




L'expérience n'est pas un bagage, des valises qu'on trainerait derrière soi, et qui contiendraient des solutions adaptables sans trop de retouches, aux nouveaux défis qui ne manquent pas de se dresser devant nous...

La seule chose que nous apprenne réellement l'expérience, c'est qu'il existe toujours des réponses aux problèmes et aux questions qu'on se pose, et que ce qui fait la différence entre une impasse et un chemin qui continue malgré les embûches, c'est souvent la façon de toiser la situation...
L'expérience n'est rien d'autre qu'un chemin d'apprentissage... et celui-ci ne finit jamais...


L'expérience nous donne matière à modeler notre avenir... ...

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 08:54

Extrait de " Lettre à un enfant jamais né " (1975)

de Orlana Fallaci

" (...) Seras-tu homme ou femme ? Je voudrais que tu sois femme. Je voudrais que tu éprouves un jour ce que j'éprouve moi-même. Je ne suis absolument pas de l'avis de ma mère, qui prétend que naître femme est un malheur. Ma mère, lorsqu'elle est découragée, soupire : "Ah ! si j'étais née homme !". Je le sais : notre monde est un monde construit par les hommes, pour les hommes, et leur dictature est tellement ancienne qu'elle s'étend jusqu'au langage. On dit homme pour désigner homme ou femme, enfant pour fils ou fille, on dit homicide pour indiquer le meurtre d'un homme ou celui d'une femme. Dans les légendes que les mâles ont inventées pour expliquer la vie, la première créature n'est pas une femme : c'est un homme appelé Adam. Eve arrive plus tard, pour le divertir et créer des ennuis. Sur les peintures qui décorent leurs églises, Dieu est un vieillard barbu, jamais une vieille femme aux cheveux blancs. Et tous leurs héros sont masculins : depuis ce Prométhée qui découvrit le feu, jusqu'à cet Icare qui essaya de voler, et même ce Jésus qu'ils déclarent fils du Père et du Saint Esprit : comme si la femme dont il est né était une couveuse ou une nourrice. Et pourtant, ou plutôt pour cela, être femme est tellement passionnant. Car c'est une aventure qui requiert un grand courage, c'est un défi qui ne lasse jamais. Tu auras tant de choses à entreprendre, si tu nais femme. Pour commencer, tu devras te battre pour proclamer que si Dieu existe il pourrait fort bien être une vieille femme à cheveux blancs ou bien une belle fille. Puis tu devras te battre pour expliquer que le péché n'est pas apparu le jour où Eve a cueilli une pomme : ce jour-là naquit une vertu magnifique, qui s'appelle la désobéissance. Enfin tu devras te battre pour prouver que dans ton corps lisse et rond existe une intelligence qui crie son droit d'être écoutée. Etre mère n'est pas un métier. Ce n'est même pas un devoir. Ce n'est qu'un droit parmi d'autres. Tu t'épuiseras à le hurler. Et souvent, presque toujours, tu perdras. Mais tu ne devras pas te décourager. Se battre est bien plus beau que gagner, voyager est bien plus amusant qu'arriver : lorsque tu arrives ou que tu gagnes, tu ressens un grand vide. Et pour surmonter ce vide, tu dois reprendre le voyage, te créer de nouveaux objectifs. Oui, j'espère que tu es une femme : ne fais pas attention si je t'appelle enfant. Et j'espère que tu ne diras jamais ce que dit ma mère. Je ne l'ai jamais dit.

***

Mais si tu nais homme, je serai tout aussi contente. Et peut-être davantage, parce que tant d'humiliations et d'abus et de servitudes te seront épargnés. Si tu nais homme, par exemple, tu n'auras pas à craindre d'être violé au détour d'une rue sombre. Tu n'auras pas besoin d'un beau visage pour te faire accepter au premier regard, ni d'un beau corps pour dissimuler ton intelligence. Tu ne subiras pas de jugements malveillants lorsque tu coucheras avec qui tu voudras, tu ne t'entendras pas dire que le péché est apparu le jour où tu as cueilli une pomme. Tu t'épuiseras beaucoup moins. Tu pourras te battre plus facilement pour affirmer que si Dieu existait il pourrait être une vieille femme à cheveux blancs ou bien une belle fille. Tu pourras désobéir sans être bafoué, aimer sans te réveiller une nuit avec la sensation d'être précipité dans un gouffre, te défendre sans finir par être insulté. Naturellement, tu subiras d'autres servitudes, d'autres injustices : la vie n'est pas facile non plus pour un homme, crois-moi. Comme tu seras plus musclé, on te fera porter des fardeaux plus lourds, on t'imposera des responsabilités arbitraires. Comme tu auras de la barbe, on rira si tu pleures, et même si tu as besoin de tendresse. On t'ordonnera de tuer ou d'être tué à la guerre, et l'on exigera ta complicité pour maintenir la tyrannie instaurée à l'époque des cavernes. Et pourtant, ou plutôt pour cela, être un homme sera une aventure tout aussi merveilleuse : une entreprise qui ne te décevra jamais. Du moins je l'espère car, si tu nais homme, j'espère que tu seras un homme tel que je l'ai toujours rêvé : doux avec les faibles, féroce avec les puissants, généreux avec ceux qui t'aiment, sans pitié pour ceux qui commandent. Enfin, ennemi de quiconque prétend que les Jésus sont fils du Père et du Saint esprit, et non de la mère qui les a mis au monde. "


On ne choisit pas de naître homme ou de naître femme...
Mais cet état nous inscrit dès le départ dans une logique présupposée qui nous conditionne... ...


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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 01:14

" Il faut autant de travail pour écrire un mauvais livre qu'un bon ; il sort avec la même sincérité de l'âme de l'auteur."
Aldous Huxley



La critique est facile... mais l'art reste difficile. Que l'on accouche d'une oeuvre "majeure", ou d'un article de quai de gare, il s'agit tout de même d'un acte créateur, qui demande temps et énergie. La créativité n'est pas un acte réflexe qui s'accomplit de façon automatique, à la manière de la respiration...
Aldous Huxley parle ici de livres, mais il en est de même pour toute création, elle appelle la même sincérité, le même investissement de soi dans l'extériorisation de sensations quasiment intimes, que l'on essaie, tant bien que mal, de retranscrire au plus près du ressenti que l'on en a...
Il est aisé de voir les erreurs, les failles et les maladresses quand on se poste en observateur de l'acte fini qui a résulté de cette exploration personnelle, dont on peut constater le rendu... mais le seul fait, d'avoir le courage, l'audace et la ténacité d'accoucher d'une oeuvre, émanant de son univers intérieur propre, qu'on livre publiquement, n'est pas le fait de tout le monde... Alors que la critique, qui s'érige en jugement de valeur sur des processus qu'elle ne maîtrise souvent même pas, est à la portée de tous...
Aussi faut-il avoir, plus que le succès modeste... la critique modeste...

Toute oeuvre est don de soi, dans la mesure où elle se puise dans les abimes les plus secrets de son créateur.
On en accouche comme on accouche d'un enfant, après l'avoir porté en soi, un certain temps, variable, parfois court parfois long... On lui rêve des avenirs, on lui prête des qualités, on redoute ses défauts... On la sent grandir, se développer, nous habiter... Et puis elle finit par sortir. Le travail peut être facile, d'autres fois il sera long et douloureux, et l'expérience en ce domaine n'y a pas nécessairement la place qu'on lui suppose...
Quand le travail commence, et que chaque vague d'inspiration apporte son lot de tension et de détente dans la mise en forme qui s'opère... on sent la matière vivante, qu'il s'agisse de mots, de couleurs ou de matériaux plus rudes, qu'il faut accompagner, qui nous quittent, à la fois dans la douleur et la joie de leur futur qui devient instant présent...

La restitution ne se juge pas dans le moment où elle se fait, le recul ne peut avoir lieu que bien plus tard, à la confrontation des autres.
Dans ce regard extérieur qui perçoit, dans les émotions qu'on a voulu matérialiser, d'autres émotions, d'autres réactions, d'autres réalités... renvoie une image parfois totalement inconnue ou décalée par rapport aux intentions jetées au départ...
La critique, quelque part, juge le degré de réussite atteint, dans cet effort de transcription d'un univers singulier, complexe et subtil vers un focus plus grand, accessible au commun des mortels...

Tout créateur entretient un rapport fort avec ses créations, au moment où il leur fait prendre forme.
L'investissement du créateur est toujours sincère sinon l'oeuvre ne peut sortir de son néant. Quand elle se révèle insatisfaisante à ses yeux, il la détruit sans état d'âme plutôt que de la jeter en pâture sur la place publique...
Tout créateur a plus de courage que d'humilité devant la critique, car il connaît le prix qu'il a dû payer pour venir à bout de sa création, dans toute sa finitude... et n'est pas toujours prêt à entendre, toutes les remarques qui blesseront cette endurance à la besogne, que l'oeuvre a suscitée...
Tout créateur est lui-même le pire critique qui soit, car sont en lui une multitude d'interrogations et de recherches, qui le poussent trop fréquemment à l'auto-censure, bridant par là des ressources illimitées au lieu de les laisser évoluer en toute liberté...

Et puis... derrière tout créateur il y a un être humain... vivant,
Qui rit et qui pleure... qui vit et qui donne... de ses tripes et de son temps......


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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 20:33

" Il vaut mieux attraper un torticolis en visant trop haut que devenir voûté en regardant trop bas."
Jacques Chancel

 

Chacun a sa façon de visualiser son avenir, selon les capacités et les compétences qu'il se reconnait. Là où certains nourriront des rêves demesurés comme but idéal à atteindre, d'autres plus "raisonnables" se fixeront des petits buts faciles d'accès... croyant par là éviter déception et efforts vains...
Si l'investissement moindre que demandent les petits buts, semble à priori un choix plus sensé, il s'avère au final que la satisfaction à les atteindre, est aussi moindre. A force de viser petit, on déprécie sa propre valeur, et pris dans la spirale de la satisfaction facile et rapide, on perd l'habitude de se donner des défis à relever...
Les objectifs élevés nous permettent de déployer tout notre potentiel, toutes nos ressources créatives, pour s'approcher au moins aussi près que possible de cet idéal. Ce dépassement de soi qu'ils nécessitent nous apportent un sentiment de fierté et de combativité, même en cas d'échec partiel ou total. Le fait d'être conscient d'avoir mis, ou d'avoir à mettre, tous ses moyens pour réussir la mission que l'on s'est assignée, est une source de motivation suffisante pour persévérer, et s'apprécier soi-même...

Nous rechignons parfois à accepter la grandeur de nos rêves et de nos désirs, par peur du regard que les autres poseront dessus... mais pourquoi devrions-nous assujettir nos buts au jugement dont ils pourraient faire l'objet ?... Ce sont nos rêves, nos moyens mis à leur service, et à la clé... notre réussite ou notre échec... On doit donc considérer notre conscience et notre détermination, comme seuls interlocuteurs d'importance pour en débattre !...

Vouloir fixer ses rêves plus haut que la moyenne, c'est inévitablement s'exposer à la critique, à la médisance et à la jalousie... mais le jeu en vaut la chandelle, dans la mesure, où nous sommes seuls à vivre NOTRE vie, et à pouvoir décider quelle orientation on veut lui donner... En quoi est-ce que cela concerne les autres après tout ?... puisque nous n'engageons que la personne que nous sommes dans ce parcours-là ?...

Parfois, avant de poursuivre des objectifs démesurés, on a besoin pour s'entrainer, d'accumuler des réussites de petits buts, histoire de se faire la main, de prendre la mesure de nos possibilités, et d'apprivoiser notre motivation...
Mais l'habitude se faisant, pas à pas, petit but après petit but, l'envie peut naître de jouer sa vie sur un terrain plus grand... de sortir de la cage des buts, pour jouer plus à l'avant, quitter la position sécuritaire défensive pour jouer en attaquant, et soumettre la logique des choses à d'autres façons de la penser...

La manière dont on regarde les choses rend compte de paysages très différents : la hauteur de vue permet de modifier considérablement son champ d'action...
Si on marche tête baissée, on voit bien les cailloux du chemin, le lacet qui vient de se défaire, et toutes les crottes de chien oubliées là par mégarde...
Si l'on marche tête maintenue dans le prolongement normal du corps, l'horizon se dégage à l'horizontale et s'étend loin devant, aussi bien qu'à droite et à gauche... Evidemment on court le risque d'avoir le pied malchanceux puisqu'on observe la vie d'un autre étage...
Et si maintenant, on décide de lever la tête carrément... Le ciel apparait dans toute son immensité, avec son cortège de nuages et de rayons de soleil, qui jouent une sorte de cache-cache continuel, et qui répercutent ici-bas, leurs ombres et leurs éclats...

La hauteur de vue, c'est l'angle sous lequel on a envie d'aborder la complexité du champ de nos possibilités aussi...
Si l'on focalise plus sur les désagréments que l'on pourrait rencontrer, en portant notre regard plus haut que nécessaire, on reste dans un carcan de pensée qui nous empêche toute réelle progression, puisque l'on est sans arrêt dans une volonté de maîtrise de tous les éléments...
Si on lâche prise avec "l'immédiatement rentable" en terme de sécurisation, et que l'on élève son champ de perception à des niveaux plus développés, on se donne d'autres fruits à cueillir... et même des étoiles pour y accrocher nos projections de futur...

Ne craignons pas d'étirer nos cervicales pour embrasser les nuages...
L'air y est, de toute manière, plus pur qu'au ras des semelles... ...


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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 02:21

" Nous méritons toutes nos rencontres. Elles sont attachées à notre destinée et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer."
François Mériac



Notre destinée n'est pas une trajectoire préécrite, sorte de prédiction contrainte de se réaliser, notre destinée, c'est seulement le trajet que trace notre vie dans l'espace temporel dont nous avons connaissance... Elle ne s'interprète qu'au passé, sans évidence ni certitude quant à son devenir. Elle peut toujours à tout moment changer de direction, ou trouver d'autres dimensions pour projeter ses avenirs possibles...

Notre "destinée" est à l'image d'un bric-à-brac, elle regroupe une foule de choses et de personnes, d'endroits et de moments, qui s'entrecroisent, et tissent, en s'entremêlant, nos étoffes de vies.... Pour bien en percevoir les motifs qu'il s'en dégage, il faut savoir prendre un peu de recul, et contempler d'un oeil curieux tous les points qui forment la trame de fond...

Nous nous construisons sur des rencontres... de toute sorte, de tout instant...
Nous rencontrons des personnes, des mots, des idées, des lieux, des sensations...
Nous sommes d'immenses constructions senstitives et intellectuelles, qui se meuvent au travers d'un corps physique cette fois... comme un contenant spongieux qui absorberait tous nos évènements de vie...

"Nous méritons toutes nos rencontres", quelles qu'en soient leurs conséquences et les enseignements qu'elles nous apportent.
De la confrontation avec cette extériorité, se bâtissent nos croyances, nos visions et nos ouvertures sur le monde...
Nous nous heurtons parfois à des rencontres qui semblent obstruer notre chemin, simplement parce que nous ne les comprenons pas... là où d'autres paraissent soudain éclairer les jours d'une couleur beaucoup plus chatoyante...

Les personnes que nous rencontrons sont toujours des rencontres de hasard... Nous ne pouvons pas prédire de quoi sera faite notre vie dans un mois, dans un jour, dans un an... Tout ce que nous pouvons anticiper, c'est qu'à moins de mourir dans les secondes qui suivent, nous serons amenés à rencontrer encore beaucoup de personnes avant notre dernière échéance, et que parmi celles-ci, la plupart sont encore à découvrir...

Si l'on garde à l'esprit que chacune de ces rencontres nous apporte quelque chose, nous devenons plus sensibles à notre responsabilité de vie. Tels des égyptologues passionnés, nous déchiffrons alors patiemment, parfois avec un temps de décalage important, les traces qu'elles laissent en nous...
Il n'y a jamais de moment, meilleur ou pire, il y a des successions d'instants qui s'imbriquent selon une logique pas toujours aisée à discerner... mais qui résulte de nos choix, inévitablement...

Dans cette fabuleuse orchestration, nous avons envie de croire parfois à cette notion de "destinée", dont nous serions plus spectateurs qu'acteurs, mais c'est oublier que nous avons toujours des choix de vie à faire, dont nous sommes libres en dépit des contraintes extérieures, dans la mesure où nous pouvons en évaluer les conséquences, avant de les exprimer...
Naturellement, il y a des moments où nous devons faire nos choix un peu à l'aveugle... Mais si l'on attendait toujours d'être sûrs de nos choix, nous serions vite paralysés par l'inaction et rongés par le doute...
La destinée n'est pas immuable, elle n'est que libre prise de risque...
Et n'en prendre aucun est également un risque... pas forcément plus sécurisant...

Soyons ouverts aux rencontres impromptues, et attendons pour les juger d'avoir matière à comprendre... ...


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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 00:28

" Afin qu'une lampe continue à brûler, il nous faut y ajouter de l'huile."
Mère Térésa



Il est impossible de vivre sur ses acquis, la vie nous lance sans cesse de nouveaux défis à relever, et si l'on veut continuer d'avancer, sans se sentir à la traine, il faut veiller à maintenir son stock de ressources à un niveau continu, même minimum, sinon on s'y épuise...

On peut appliquer cette pensée de Mère Térésa à bien des domaines.
A commencer par sa vie quotidienne, si on veut qu'elle garde un niveau de satisfaction suffisant, il faut chercher à l'enrichir ponctuellement de nouveaux horizons, sinon la routine prend le dessus, et notre lampe devient vite flammèche continue, qui perd en intensité lumineuse...
Le domaine des connaissances fonctionne aussi sur ce mode, si on ne nourrit pas son esprit par de nouvelles réflexions, nos pensées finissent par tourner en vase clos, et n'éclairent que faiblement les jours à venir...

Afin que la lumière guide notre chemin, il faut cesser de filtrer le soleil... ...

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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 23:25

" Beaucoup de gens croient que l'aveu de leurs défauts les dispense de s'en corriger."
Marie von Ebner-Eschenbach



"Faute avouée à moitié pardonnée...", dit-on, mais les proverbes on ne peut pas s'y fier!... Ils sont répétés de bouche à oreille comme des maximes d'évangile, sans être remis en cause, comme si leur ancienneté ou leur popularité pouvait leur accréditer une légitimité exemplaire... Et le plus fantastique, c'est qu'on en trouve toujours un pour contredire l'autre...

Ceci étant, on ne peut que constater la réalité de la phrase ci-dessus, comme si le fait de reconnaître ses défauts leur conférait un état de grâce sous-entendant inévitablement leur acceptation obligée, sans moyen d'y remédier...
"Tu sais bien que je suis comme ça...", est-ce que cela peut sous-entendre qu'aucune évolution n'est possible, qu'aucun changement jamais, ne peut advenir ?... Diantre ! Cela nous fait l'avenir morose si on ne peut pas tabler sur une amélioration globale de la condition humaine future... D'autant plus que chaque époque accouche de nouveaux travers...

En fait, ce n'est pas par acceptation de ses propres défauts qu'on les reconnait en général, mais souvent comme un prétexte à excuse, et pas toujours empreintes d'humilité face à ses propres faiblesses. C'est en quelque sorte une déclaration d'incapacité à trouver une autre voie...
Ce peut être aussi volonté de rester "aimable" malgré ses imperfections...
Nous ne sommes que des humains, ce statut nous autorise à faire preuve de certaines incapacités : nous avons le droit à l'erreur, mais aussi le devoir de corriger celles qui peuvent l'être par un effort conscient orienté à ce dessein...

Il y a dans l'exposition de ses défauts un désir de les entendre être relativisés par l'entourage, de faire reconnaître qu'en dépit de ces mauvais côtés, d'autres compensent largement...
Tous les défauts ne sont toutefois pas au même niveau, certains sont plus "handicapants" que d'autres... surtout pour ceux qui doivent les subir ou en faire les frais...

Certains défauts peuvent prêter à sourire, ou même éveiller une certaine tendresse à l'égard de la personne qui en est affligée ; d'autres sont proprement insupportables car ils atteignent l'irrespect ou fâchent la sensibilité d'autrui...
Mais de même que les défauts se déclinent chacun, en fonction de la personnalité qui les développe, leurs effets pervers sont inégalement ressentis. Nous ne sommes pas tous touchés par les mêmes choses...
Les défauts qui nous exaspèrent chez les autres, sont certainement ceux qui éveillent une résonance en nous, en opposition ou en écho...

Il n'est jamais aisé de corriger un défaut, et pour ce faire, il faut en premier lieu, en prendre conscience, et comprendre en quoi cette façon de se comporter, d'agir ou de penser, est négativement perçue par les autres...
La démarche de reconnaissance, puis d'acceptation, est déjà un premier pas vers une amélioration possible.
Naturellement, il y a des gens qui ne voient pas comment corriger leurs travers, ni même la nécessité de tenter d'autres moyens d'action ou de réaction, parce que la gêne occasionnée ne leur parait pas invalidante au point d'avoir à remettre en question, un édifice personnel qui leur fait tenir la barre chaque jour...
Nous n'avons pas tous les mêmes envies de "grandir"...

Mais qu'y a-t-il de pire :
- une personne qui, reconnaissant ses défauts, se sent dispensée de s'en corriger ?
- ou bien une personne, qui ne se reconnaît aucun défaut ?

Gardons-nous bien de devenir parfaits... mais continuons à tenter de nous améliorer !... ...


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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 04:16

" Les caresses sont aussi nécessaires à la vie des sentiments que les feuilles aux arbres. Sans elles, l'amour meurt par la racine."
Nathaniel Hawthorne

 

L'amour platonique continue de véhiculer une espèce d'image idéalisée du sentiment amoureux, il ne correspond qu'à une intellectualisation du sentiment, qui y projette une sorte d'amour pur, dégagé de toute passion charnelle, comme si cette force du mental pouvait prétendre à une supériorité sur le physique... ???...
J'aurai tendance à penser que l'amour platonique ne peut guère se vivre de façon aussi entière et satisfaisante que dans une relation amoureuse "banale", qui allie mental et physique... car on ne peut pas faire de séparation entre les deux aspects : l'amour n'est-il pas une sorte de sentiment "absolu" qui se partage entre deux personnes ?...

On peut naturellement se caresser le nombril (et celui de l'autre), du bout de l'esprit par des paroles ou des serments qui témoignent de notre attachement, mais la chaleur du verbe ne remplace pas la chaleur du corps. Le corps a aussi son langage... et le priver de cette expression, ampute nécessairement la relation d'une part importante.
Toute personne normalement constituée, connaissant et acceptant son état d'attachement à l'égard d'une autre personne, éprouve ce besoin de proximité physique, qui va au-delà du simple désir sexuel.
Sentir la personne que l'on aime près de soi est naturel, le contraire force à s'interroger sur la nature véritable des sentiments que l'on pense avoir, non ?...

J'aime bien l'image de Nathaniel Hawthorne... je ne sais pas si l'amour meurt par la racine si on le prive de caresses, mais peut-être a-t-il raison... Ce qui "tue" beaucoup de couples, c'est le manque d'attention porté à l'autre, du fait de la vie quotidienne qui progressivement évince ces moments privilégiés que l'on s'accorde dans les débuts d'une relation.
Le temps, l'habitude et l'établissement reconnu de la relation, font que l'on devient moins attentif à la quantité et la qualité du temps que l'on passe ensemble...
On oublie que rien n'est jamais acquis, que toute plante que l'on cesse d'arroser... finit par mourir...

Les caresses sont reconnaissance que nous ne sommes pas que des êtres cérébraux, nous sommes un tout : esprit et corps. Pourquoi privilégier l'un par rapport à l'autre, en quelque sens que ce soit d'ailleurs ?... car l'amour uniquement physique, est à l'image de l'amour platonique : incomplet et frustrant.
Comme dans toute chose, l'amour a sa juste voie médiane, un équilibre qui ne se trouve pas dans les extrêmes, même si par ailleurs aucune norme ne peut être dégagée quant à l''importance que chaque part doit tenir...
Chacun selon ses besoins et envies, mais tous concernés par cette harmonie entre le "dire" et le "faire"...

Les sentiments qui ne se nourriraient que d'idées, risquent bien d'avoir à faire face à un certain nombre de carences, un manque de vitamines dû à l'effilochage tranquille des mots en répétitions qui finissent par radoter...
Allez donc embrasser quelqu'un par voie de mots !...
On peut envoyer des millions de "baisers qui volent" vers l'autre, leur fougue se perd dans les courants d'air, et ils finissent par arriver dénués de toute saveur, juste quelques lettres qui tourbillonnent comme des feuilles mortes balancées par le vent, avant de choir définitvement loin de leur arbre expéditeur...
Et même par pigeon voyageur interposé, embrasser le pigeon voyageur ne résoud rien !...
L'amour a besoin, pour être complet, de sensations et de sensibilité, de frissons et de sécurité, de nous faire exister dans toute notre dimension...
Les caresses se font aussi du bout des yeux quand les regards se font langoureux, mais comme un appel préalable... pas comme une fin en soi...

On sait par expériences, que les enfants privés de toute caresse, de tout contact physique, développent de graves troubles, et pour les cas les plus extrêmes, peuvent aller jusqu'à mourir... Mourir d'un manque caractérisé de sensations physiques de bien-être en quelque sorte... mourir de n'être pas aimés...
Nous éprouvons des manifestations physiques réactionnelles devant les personnes qui nous attirent. Nous ne sommes pas toujours à même de les contrôler, cela tend à prouver cette nécessité de laisser au corps une place qu'il réclame...
Quand les circonstances rendent inaccessibles l'autre, on peut ressentir de même une sorte de manque physique, de ne pas sentir sa chaleur, de ne pas respirer son odeur, de ne pas entendre sa voix...

Soyons attentifs aux couleurs du feuillage malgré les saisons qui passent... ...


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