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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 01:29

" Nous n'avions qu'une chose en commun : je l'aimais et il s'aimait."
Simone de Beauvoir


Aimer, c'est partager... en se créant un monde commun... les éléments de cette communauté sont l'affaire de chacun... Partager n'implique pas la notion d'équité ou de bilatéralité.
Aimer ravive souvent un sentiment narcissique, qui se décline sur deux axes, soit l'amour de l'autre renforçant l'estime qu'on a de soi, on en vient à s'aimer davantage, soit l'amour porté à l'autre devient pilier porteur et moteur. Ainsi dans un couple, les deux personnes impliquées peuvent-elles toutes les deux porter leur amour sur une seule d'entre eux... en y trouvant parfaitement leur compte...
Pendant un temps tout au moins...

La difficulté d'aimer provient surtout de la projection que chacun fait sur l'autre, même quand on s'en défend, il y a toujours une attente vis-à-vis de l'autre. Parfois on ne sait pas la verbaliser, ni même la reconnaitre,mais aimer sans rien attendre n'est pas capacité humaine...
Les femmes ont peut-être plus cette capacité à donner sans attente de retour réel, parce que leur éducation les forge et les prépare à être "gentilles" et "dévouées"...
Mais si l'éducation est un cadre restrictif certain pour laisser s'exprimer ses propres désirs, elle tient seulement lieu de cadre, que chacune a le droit et la possibilité de déformer au gré de ses envies et de ses besoins...

Les femmes sont élevées dans l'idée qu'il est normal qu'elles soient au service des autres, les hommes dans celle qu'il est normal que les femmes les servent... Ainsi quand un couple bancal se forme, au désavantage affectif de la femme, cela ne choque pas... C'est dans la logique des choses...
Dans son livre "Les filles sages vont au ciel... les autres où elles veulent", Ute Ehrardt traite bien le sujet. "La gentillesse est la qualité féminine par excellence. On attend de la femme qu'elle soit aimable, conciliante, modeste et généreuse, les femmes elles-mêmes ne se rêvent pas autrement."
C'est un livre très intéressant, qui reprend les lieux communs auxquels beaucoup de femmes se soumettent encore, parce que le modèle est tellement ancré dans l'inconscient collectif, qu'il est difficile de s'en échapper, sans s'exposer aux jugements négatifs...

Pourtant, si le ciel est à ce prix, je préfère signer pour l'enfer éventuel d'après la mort, plutôt que de faire de ma vie un enfer...
Il est impossible pour n'importe quel humain, qui cherche une certaine "harmonie de vie", d'être toujours aimable, conciliant,modeste et généreux... Ce ne sont même pas ceux qui demandent qu'il faut blâmer, mais ceux qui acceptent de jouer ce jeu-là...
On a toujours le choix de refuser et d'exprimer son point de vue, à quelque niveau que ce soit...

"Je l'aimais et il s'aimait", jolie formule pour décrire que deux êtres peuvent en former un seul d'un commun accord, au risque que l'un ou l'autre ne s'y oublie et ne s'y consume... jusqu'à ce que quelques seaux d'eau plus tard, et le feu de la passion éteint, l'esprit revienne à chacun..

"Aimer est plus fort que d'être aimé"... mais, être aimé est largement plus facile que d'aimer, non ?... ...

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 00:11

" L'oubli économise la mémoire."
Jacques Perret


Nous ne sommes, certes pas, seulement des sortes de machines intellectuelles, on ne se réduit pas à un cerveau, néanmoins, on peut considérer le fonctionnement de ce dernier à la manière d'un ordinateur central, en devoir d'administrer l'être que nous sommes...
Si l'on ne peut pas réinstaller le système en totalité, en cas de fonctionnement défectueux ou d'anomalie, on peut peut-être l'optimiser, comme on le fait avec un disque dur, c'est-à-dire supprimer les éléments inutiles qui alourdissent le traitement des tâches, défragmenter et réunifier les éléments qui ont besoin d'une cohésion d'ensemble, et enfin veiller à la sécurité générale en installant des garde fous contre le virus parasites et les cookies traceurs, qui ralentissent les programmes...
Tout un programme quoi !...

Nous possédons nous aussi notre RAM et notre ROM, notre mémoire immédiate et notre mémoire à plus long terme, qui à l'identique des ordinateurs, n'utilisent pas les mêmes circuits. On peut se libérer de "l'espace disque" dans le cerveau, en utilisant aussi au mieux la fonction "oubli"...
La mémoire conserve trop d'archives encombrantes, tous ces souvenirs en carton d'archive qu'on met de côté au cas où, et qu'il faut bien trier un jour... Comme avec tout le fatras de papiers administratifs qu'on récupère dans une vie, et dont certains doivent être conservés cinq ans, dix ans, ou toujours, il arrive un moment où les classeurs débordent et il n'y a pas d'autre solution que de les éplucher un à un pour y voir plus clair...
Le tri consiste à jeter dans les abysses de l'oubli, ce qu'il ne nous sert à rien de garder, pour économiser l'espace mémoire, qui malgré tout, n'est pas infini, même chez les personnes douées d'une mémoire extraordinaire..

L'oubli, non seulement économise la mémoire, mais en plus il permet de mieux vivre, car on se débarrasse principalement de ce qui nous embarrasse, ces instants ou ces pensées qui n'apportent rien, des souvenirs qui blessent et qui activent des émotions négatives, très dévoreuses d'énergie et de place...
L'oubli, quand il est choisi, est libérateur...
Non seulement il rétrocède de la place à d'autres évènements et pensées, mais il fait aussi disparaitre comme par enchantement, le manque de confiance que l'on peut parfois éprouver au regard de nos expériences passées mal gérées ou mal abouties...
En ne gardant que le meilleur, on se protège du démon fataliste et négatif, pour donner toute la place au présent et au positif... nécessairement à venir... ayant désherbé le terrain à cette fin...

Oublier, nous donne aussi le plaisir de redécouvrir...
Redécouvrir la sensation d'expérimenter quelque chose pour la première fois, et toute la curiosité et la candeur qui vont avec...
Redécouvrir cette envie de connaître, de comprendre, sans apposer d'avance nos explications et nos raisons...
Redécouvrir que notre vie est un livre toujours ouvert, dont nous poursuivons l'écriture chaque jour, dont l'intérêt se situe toujours dans la suite à venir, et non dans les chapitres précédents...
Oublier est un merveilleux moyen de mesurer l'importance de l'instant...

Comme dans l'air du temps, il faut avoir l'oubli "durable" et "responsable" , et ne pas confondre "oubli" avec "déni de ses responsabilités". L'oubli n'est sain et salutaire que s'il vise à nous permettre de dépasser nos entraves personnelles, et non à nous formater les images de la vie qui nous conviennent, sans égard pour la réalité des choses...
L'oubli ne doit pas être une mesure d'urgence, mais une hygiène de vie quotidienne, à appliquer sur tous nos petits tracas et nos petites colères journalières, pour nous éviter de bouffer du carburant en piétinant sur place par de vains ressassements...

Oublions sans réserve ce qui nous attriste ou ce qui nous donne des envies de vengeance...
C'est de loin, la meilleure manière de garder en soi et pour la vie, toute sa confiance... ...

 

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 01:06

" Il n'est pas nécessaire qu'un auteur comprenne ce qu'il écrit. Les critiques se chargeront de lui expliquer."
Antoine Prévost


Les mots une fois lâchés en pâture,poursuivent leur propre destinée... dans les cerveaux récepteurs qui les accueillent avec bienveillance ou méfiance, confiance ou interrogation, suspicion ou imagination...
Dans le flux des mots qui affluent, on ne distingue pas toujours le sens qu'ils portent, et ils transportent ainsi leurs sens différés et différents, au gré des temps et des tourments...
Les mots sont bel et bien des tapis volants qui emportent nos pensées, jusqu'à des contrées non encore explorées consciemment, quand on laisse les rênes suffisamment relâchés...

Le sens n'est pas toute l'essence d'un mot...
Il existe des mots qui possèdent une forte capacité d'imagination, au sens propre de "créer des images"... Les consonances et les sonorités leur permettent d'évoluer au rythme d'assonances débridées, et ils ricochent ainsi de sens en sens...
Les mots sont un voyage infini au pays de nos pensées, et certains vont même jusqu'à se graver comme des cartes postales envoyées depuis un instant T qu'on aura beaucoup apprécié... Sans passeport ni visa, ils franchissent toutes les frontières de nos idées et dépassent les barrières de notre réalité, sans effort à fournir, sans valise pour nous alourdir...

Peu importe que l'on mesure la puissance des mots que l'on écrit, ou que l'on en soupçonne l'inconsistance, quand ils restent propices à alimenter d'autres sources, à grossir le cours de réflexions personnelles et transpersonnelles, ou qu'ils aient seule vocation de servir de porte d'embarcation vers des rêveries doucereuses sans intellectualité revendiquée...
Notre cerveau a des ressources souvent mal utilisées pour dépasser l'intellect, et se réfugier en d'autres sphères bien plus apaisantes, que tous les tiraillements d'idées inutiles, qui cherchent des réponses à de questions à jamais trop compliquées pour qu'on y réponde...

Le rôle de la critique n'est pas celui de juger d'un œil sévère et réprobateur l'expression ainsi consacrée par des mots. La critique permet d'apposer d'autres prolongements à un débat lancé, et de créer par ce biais, de nouveaux chemins à explorer.
La critique même acerbe et difficile à recevoir a son utilité, elle remet en place la juste mesure des choses, en pointant de ses piques que nulle parole n'est vérité en soi... Elle se fait garde fou qui nous tient éloigné de la pensée unique, elle nous permet de respirer chacun notre propre air, même quand elle étouffe ou attaque la différence et la liberté de penser... la critique étant elle-même sujette à discussion et à démonstration d'erreur de raisonnement...

Il est parfois malaisé de mettre en mots le sens exact de ses pensées... C'est en écrivant que les sens apparaissent et se multiplient, sous l'effet du choix des mots auquel on est soumis. Les mots ont tous leur utilité et leur spécificité, du choix des mots dépend toute la clarté de la pensée... ou la confusion...
On ne peut pas choisir ses mots au hasard, ils se présentent d'eux-mêmes à la matérialisation quand la pensée s'est suffisamment promenée dans les concepts abstraits, et qu'elle réclame une transparence plus accessible...
Les mots sont à la base de notre pensée. Toute pensée non intérieurement verbalisée reste nécessairement floue et peu précise. Nous ne pensons pas sans mots, nous ne faisons que ressentir. Les mots sont tellement ancrés en nous qu'il nous faut faire des efforts démesurés pour se vider l'esprit de toute leur présence...

La critique a ce rôle essentiel et tout à fait intéressant de donner à l'auteur un miroir dans lequel il peut mesurer le reflet que projettent ses mots. De ce que l'auteur a mis, parfois il ne ressort pas grand chose, de ce que la critique énonce et dénonce, peuvent apparaitre des trésors...
Auteur et critique sont deux axes d'une même réflexion, qui chacune s'en tient à sa direction. Même lorsqu'elles semblent en conflit total, elles sont comme l'endroit et l'envers, riches et complémentaires pour agrandir le panorama...

Si les auteurs ont toujours des critiques, les critiques ont aussi toujours des auteurs......

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 02:07

" J'ai vu de la lumière dans ses yeux, alors je suis montée."
Michèle Anouf


 C'est dans les yeux des gens qu'on trouve et qu'on sème, les petites pierres qui paveront un chemin... un chemin de rencontre entre deux mondes, deux êtres, qui se disent sans mots échangés qu'ils ont envie d'en savoir plus... qu'ils sont prêts à ouvrir leur cœur ou à le tenir fermé à double tour...
Les yeux sont le seuil des rencontres...

Il y a des yeux dans lesquels on se trouve comme invités... et l'on peut poliment refuser d'entrer, ou bien avoir l'envie de s'y poser, et de passer ce vestibule pour visiter l'âme qui s'y tient au bout du corridor...
Les yeux sont les gardiens de notre âme...

S'il y a des regards que l'on ne dirige pas, il y en a aussi qu'on charge de messages, même inconsciemment en ne retenant pas leur brillance et leur liberté. Ces regards qui brillent et qui sourient à la vie, qui invitent à la légèreté d'être sans méfiance ni prudence, ces regards rieurs qui donnent l'envie de jouer cartes sur table, ces regards qui se sentent en résonance sur les mêmes gammes...
Les yeux sont les instruments de l'être...

Oui... parfois je vois de la lumière dans les yeux des gens, et je trouve ça tellement plus beau que les regards courtois qui disent "bonjour", qui disent "merci", qui disent "on fait aller"... qui ne disent même parfois rien du tout, cernés dans leur fatigue et leur lassitude d'être...
Les yeux sont des révélateurs de qualité de vie...

Et quand je vois de la lumière dans les yeux de quelqu'un, je sens cette énergie visuelle se communiquer aussi à mon regard... et la vie s'en trouve plus douce... Notre regard éclaire le monde, sombre il le rend difficilement supportable, enjoué il redonne couleurs sur toutes nos grisailles...
Nos yeux donnent sa couleur au monde...

De beaux yeux ne le sont jamais par leur forme ou leur couleur, ils le sont par l'éclat qu'ils projettent... Rien ne sert d'avoir des yeux de biche si ce sont ceux d'une biche aux abois, ni d'arborer un bleu limpide si ce n'est qu'abysses pour s'y noyer...
La lumière de nos yeux n'a rien à voir avec la luminosité ou l'ensoleillement, elle vient de l'intérieur, comme la flamme qui nous anime pour vivre... Ils ne sont ni réfléchissants ni phosphorescents, rien ne sert de les exposer au soleil pour croire les faire briller davantage.
Seul notre soleil interne module leur éclat...

En ces temps de grisaille économique et météo, c'est tellement agréable de trouver des regards plein de lumière... ...


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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 01:39

" Contrairement à ce qu'impliquent la plupart de nos préjugés, gagner ne signifie pas nécessairement que quelqu'un d'autre doive perdre."
Stephen R. Covey


On peut gagner sans compétition, gagner juste par soi et pour soi, sans autre adversaires que ses doutes et les obstacles personnels semés par notre vie...
Les victoires les plus gratifiantes sont celles que l'on obtient sur soi-même, en se prouvant par un dénouement à la hauteur de nos espérances, qu'on pouvait le faire !...
De même que lorsqu'on gagne à un jeu de hasard on ne fait pas de vaincus, on peut réussir sans écraser personne, ni rien devoir à quiconque...
Nous réduisons notre champ d'action si nous ne nous positionnons dans nos vies que par rapport aux autres : il faut avant tout s'aligner sur soi, car notre conscience est le seul arbitre que nous sachions entendre vraiment, et dont nous reconnaissons tous, bon gré mal gré, comme une autorité à laquelle on ne peut pas échapper...

On assimile trop souvent l'idée de victoire avec celle de lutte ou de compétition. Or, parfois gagner n'est que le résultat d'un long et patient chemin, qui un jour, débouche enfin sur la clairière recherchée, dans laquelle on trouve enfin plaisir à s'arrêter pour savourer le jour qui passe...
On peut se sentir, de la même façon, gagnant même en situation de "second", parce qu'on établit soi-même les critères de reconnaissance de nos victoires. Les buts que l'on se fixe ne sont pas inévitablement d'être en tête devant d'autres, mais de donner le meilleur qu'on porte en soi sans retenue, sans considération pour la place que cela nous vaudra. Rien ne sert de viser l'impossible, surtout si l'on veut être satisfaits...

La vie n'est ni une course contre la montre ni une compétition. Elle n'est que libre terrain d'expérimentation, où notre seule réelle récompense est le bonheur de vivre que l'on en retire. Il n'est pas question de mettre qui que ce soit KO pour se sentir gagnant, mais bien de limiter ses chaos et ses cahots pour se sentir heureux de poursuivre le jeu...
On ne prend jamais la place de personne, on prend une place... sa place... Chacun a le pouvoir de choisir ses compétitions et ses envies de gagner. On a tous nos challenges et nos défis à relever...
Parfois la compétition est partie prenante de nos choix, mais la victoire que l'on obtient n'est pas contre les autres, avant tout elle est pour soi... à moins d'être pervers au point de vouloir gagner à tous prix même contre son propre intérêt...
Il est des esprits un peu rustres qui préfèrent la victoire amère et insatisfaisante à n'importe quel échec, quitte à bluffer, quitte à tricher... mais ces victoires de rivalités apportent une joie au rabais, qui ne peut s'exprimer qu'au regard de la déception des autres et qui ne donnent rien de gratifiant à ceux qui les obtiennent...

On nous serine dès l'enfance, que dans la vie, il faut se battre... comme si le monde était rempli d'ennemis, tapis dans l'ombre prêts à nous abattre si on baisse la garde... On nous dépeint un monde de requins où l'on doit soi-même se comporter comme des requins pour survivre...
Et après on s'étonne que les gens se regardent en chiens de faïence, prêts à mordre si on les regarde d'un peu trop près, ou qu'on leur pose des questions sur leurs vies et leurs envies...
Ce n'est pas "se battre" qu'il faut... c'est "combattre"... Combattre le idées reçues, l'indifférence et l'avidité, la cupidité et l'intolérance, la peur et l'ignorance...

On ne joue pas sa vie, on la construit... On ne gagne rien, on récolte... ...

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 01:38

" C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser."
Montesquieu


Le pouvoir est une possession dangereuse. Comme le vin, il finit par enivrer...
Rares sont ceux qui arrivent à avoir un contrôle total de leur pouvoir afin de veiller à ne pas en abuser. C'est tellement pratique de jouer avec les avantages qu'il procure... mais le résultat des opérations n'est pas toujours très positif...
La recherche du pouvoir est une démarche ambigüe, toujours liée à un égo surdéveloppé.
L'être en recherche d'harmonie ne peut rêver de conquérir le monde, car il a compris que gouverner le monde c'est être en première ligne sur le front des conflits passionnels...

Le pouvoir n'est cependant pas négatif en soi...
Toute organisation a besoin de dégager les priorités pour être efficace. Le monde n'échappe pas à cette règle : il faut bien quelques décisionnaires avisés pour éclairer la route...
Le souci est qu'une fois en possession du pouvoir, il est très difficile de ne pas s'accorder quelques avantages ou passe-droits, considérés en quelque sorte comme une récompense accordée pour toutes les décisions lourdes et anxiogènes supportées...
Le chemin qui mène au pouvoir est difficile, car les prétendants y sont nombreux et ne cèdent jamais la priorité...
Et la compétence n'est pas toujours le moyen d'arriver en tête, être fin stratège donne souvent de meilleurs résultats...

Dans toute relation il y a une relation de pouvoir...
Celui qui détient un petit pouvoir essaie généralement d'en tirer parti à son avantage : c'est le propre du pouvoir que de générer des possibilités supplémentaires par rapport à celles qu'on a en état de non-pouvoir...
Personne ne cherche le pouvoir sans prendre en compte cet aspect...
Qu'il soit économique, politique, décisionnaire... le pouvoir donne la possibilité d'imposer ses changements au monde, avec ou sans le consentement des autres, juste par la force de son action.
En situation de pouvoir, on supporte moins la frustration qu'on pourrait dompter de cette baguette magique.
Il est humainement compréhensible que certains en usent et en abusent, même si dans l'absolu, l'idée n'est pas acceptable...

Il est aussi facile de blâmer lorsqu'on n'est pas en situation...
Les sphères du pouvoir ont leurs zones d'ombre, mais aussi leurs zones de fragilité...
Le pouvoir n'a pas que des côtés agréables, ses revers sont à la hauteur de l'altitude atteinte, et l'exposition à la critique plus forte qu'à toute autre place...

Nous savons tous ce que nous ferions ou pas... en situation de pouvoir... tant que nous n'y sommes pas... ...

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 01:44

" Tout a déjà été dit, mais comme personne n'écoute il faut sans cesse recommencer."
André Gide


Je me suis souvent demandé si l'on pouvait encore écrire, ou dire, quelque chose de nouveau... si tout, effectivement n'avait pas déjà été dit...
Depuis le temps qu'on pratique le langage, à l'oral puis à l'écrit, qu'on met des mots bout à bout, qu'on pousse nos pensées et raisonnements jusqu'à leurs derniers retranchements, que peut-on trouver qui n'ait pas déjà été considéré, par d'autres, avant ?...

Les idées "neuves" ne sont jamais tout à fait innovantes. Elles dérivent du passé jusqu'à s'échouer sur l'air du temps présent, remaniées et remodelées pour faire plus "fashion", ou plus "tendance"...
En effet, que peut-on inventer des relations interpersonnelles, de la condition humaine, des passions ou de l'idée de Dieu ou de la mort ?...
On nourrit nos réflexions personnelles de pensées qu'on glane ici et là, et qui, petit à petit, en cheminant dans nos esprits, forment nos convictions intimes, qui ne sont finalement qu'une sorte de patchwork de tout ce qui s'immisce dans notre cerveau, consciemment et inconsciemment...
Est-ce alors à dire que nos capacités de réflexion individuelle sont une illusion ?... Un leurre qu'on aime à s'approprier ?...

Nos capacités de réflexion individuelle sont bien réelles, à mon avis, car la façon dont chacun amalgame le monde à son propre univers est unique...
Il n'existe pas deux patchwork identiques, même lorsque les ressemblances sont trsè proches...
Nous nous constituons sur la base d'acquisitions très variées, qui ne sont pas toutes liées à l'intellect. La sensibilité joue un grand rôle dans l'assimilation des idées et dans le développement de la pensée.
Suivant que l'on est plus tourné vers soi, ou vers le monde extérieur, suivant que l'on aime à voir le côté sombre ou la lumière, suivant qu'on ait envie de trouver des alternatives ou qu'on se satisfasse de la vie telle qu'elle nous apparait, suivant qu'on se sente seul ou entouré, suivant qu'on ait envie de partager, d'échanger ou que l'on préfère taire ses ressentis parfois étranges ou dérangeants... on ne laissera pas la même liberté à l'expression de ses pensées...

Même si tout a été dit, ça vaut le coup de répéter quelquefois... pour ceux qui n'auraient pas entendu, ou qui n'auraient pas eu le temps de bien comprendre...
Il y a des mots qu'on aime à écouter de nombreuses fois... comme les enfants qui demandent chaque soir la même histoire... comme les amoureux qui se délectent de leurs mots doux...
La répétition permet de se former une zone familière, à l'intérieur de laquelle on se sent en sécurité puisque rien de nouveau ne vient nous troubler...
Plus encore, la répétition, au-delà de son caractère itératif, permet d'aller plus loin dans le cheminement, puisqu'on y est libérés de l'effort de compréhension basique et élémentaire que nous faisons systématiquement pour intégrer un nouveau concept...

Quand bien même nous aurions tous, intégré, dans toute leur complexité toutes les idées auxquelles nous avons été confronté, nous ne pourrions pas prétendre avoir entendu tout ce qui a été dit...
Le monde est bien plus vaste que ce à quoi nous le réduisons, et 6 milliards d'individus et quelques autres, qui jacassent, pensent et exposent leurs vies, pour seulement deux oreilles par personne écoutante, me semble un ratio très difficile pour relever ce challenge...

Tout a peut-être été dit... C'est vrai... mais peut-être pas à tout le monde... ...

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 01:23

" On ne revient pas au passé, il faut continuer sa route."
Romain Rolland


La seule chose dont le destin soit réellement abouti, c'est le passé.
Le "no futur" est inenvisageable, parce que... même la mort est, en quelque sorte un futur, même si l'on ne sait pas quoi en imaginer. Ce n'est pas parce qu'on ne sait pas ce que sont les choses, qu'elles n'existent pas...

Personne ne peut vivre sans avenir... alors qu'on peut très bien être frappé d'amnésie et vivre sans passé. Le passé ne revient jamais, alors que le futur lui, nous rattrape à chaque instant...
On ne fait pas revivre le passé en refusant de continuer la route : le paysage continue de défiler, on ne peut pas faire marche arrière, ni même se garer sur une aire de pause...

S'accrocher à ses souvenirs, c'est un peu comme s'attacher un boulet à la vie, qui freine le plaisir de l'instant, et n'empêche pourtant pas le temps de s'écouler. L'être humain n'a pas été conçu avec une marche arrière intégrée, il lui faut sans cesse avancer.
Les souvenirs sont comme des cartes postales qui nous rappellent des endroits charmants que l'on a visité un jour, ou que d'autres veulent bien nous faire partager en nous les envoyant...
Les souvenirs sont matière morte, seule le présent est vivant...

Imaginez qu'on puisse faire la route dans les deux sens, avec des allers et retours dans le temps... Un jour au milieu de sa vie, le lendemain dix ans plus tôt, et en fin de semaine, on retrouve ses pantoufles d'aujourd'hui. Il y aurait de quoi devenir fou... à ne jamais s'inscrire dans une dynamique d'évolution, mais dans ce ballet temporel permanent...

Notre vie s'inscrit et prend son sens dans la continuité... comme un œuf qu'on a cassé, et dont on ne pourra plus jamais glisser à nouveau le blanc et le jaune à l'intérieur de la coquille qui les abritait. Une fois sortis de notre "oeuf", nous appartenons au temps...

Ce que l'on fixe au passé n'appartient plus à la vie... Tout en ce monde est changement, sauf le passé, qui ne peut plus changer... ce qui tend à prouver que vouloir vivre en regardant dans le rétroviseur fait de nous des morts vivants...

On n'est pas obligés de foncer à cent à l'heure droit devant, mais on ne peut pas s'arrêter...
Le code de la vie est encore plus simple que le code de la route, tout ce qu'il faut, c'est avancer... Pas besoin de surveiller ses rétros...
L'anticipation peut être un bon moyen pour éviter les accidents de parcours, et la connaissance des règles de conduite se peaufine avec le temps et l'expérience.
A la différence du permis de conduire, on n'a pas à obtenir un permis pour vivre... il est donné d'office à la première inspiration...

N'économisons pas nos moyens pour tracer la route... et gardons les yeux rivés à l'horizon... ...

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 01:28

" L'époque aime bien les substituts : on dit "malvoyant" au lieu d'aveugle, "interruption volontaire de grossesse" au lieu d'avortement, "longue et douloureuse maladie" en place de cancer et "troisième âge" plutôt que vieillesse."
Gilbert Cesbron


Les mots créent notre réalité, la transforment et la déforment...
On voile les choses qui nous font peur ou qui nous angoissent, sous des vocables qui sonnent plus doux à notre oreille, et l'on croit ainsi changer le monde qui nous entoure...
La parole agit... certainement, et c'est pour cela qu'il faut y faire attention. Il n'est pas moins grave d'avoir une longue et douloureuse maladie que de se choper un cancer, ce ne sont que les mots qui sont moins graves... Ils décrivent sans dire, mais ne changent rien à la réalité... si ce n'est qu'on se voile un peu la face sur la vérité des choses...

Il y a des mots comme ça, qui paraissent moches ou salissants, empreints de souffrance ou de désespoir, des mots qu'on s'interdit de rendre présents dans nos vies comme si ça allait changer quoi que ce soit...

Les personnes ne sont plus noires ou blanches, elles sont de couleur... mais paradoxalement quand elles sont de couleur, ça n'est jamais de couleur blanche... comme si le blanc n'était pas une couleur, mais juste une sorte de norme... et que lorsqu'on n'est pas blancs, on sort donc de cette norme définie...

On ne devient plus vieux avec les années qui passent, on se range progressivement parmi les "seniors", et on appartient à cette catégorie du "troisième âge", sachant que le quatrième n'a pas encore été mise en service, on est quand même relégués à la dernière étape sur le seuil du temps...

Avorter, ça fait dégueulasse, tandis que pratiquer une IVG, on ne dit même pas "interruption volontaire de grossesse", ça fait tout de suite plus propre... Le résultat reste pourtant le même, et l'acte pas plus anodin qu'avant, qu'on se place du point de vue de la femme qui le choisit/subit, malgré le mot "volontaire" qu'il comprend. C'est un choix évidemment, mais qui ne se fait jamais sans souffrance...

Les TS sont devenues familières de notre vocabulaire, et ça nous soulage... parce que dire ou entendre "Tentative de Suicide", apporte tout de suite une connotation de faiblesse, de détresse ou de maladresse, qui renvoie chacun à ses propres interrogations... Une TS devient un acte comme un autre, entre deux IRM qu'on passe un jour de RTT en HP de jour ou en clinique privée...

On a l'impression de vivre en langage SMS parfois...
Et si nos vies étaient tout simplement en train de se déstructurer complètement par cet enrobage de nos mots ?...
Toute époque est un changement par rapport à la précédente, mais notre condition humaine, au-delà du progrès technique est exactement la même...
Nous vivons, les uns avec les autres, nous en éprouvons des difficultés de communication et de compréhension, nous vieillissons et nous mourons...
On peut changer de mots, on ne changera pas de monde !...

Et l'amour contenu dans un "JTM", ou dans un "j'te kiffe" est-il le même que dans un "je t'aime" ?... ...

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 01:34

"Le temps ferme toutes les blessures, même s'il ne nous épargne pas quelques cicatrices."
Marc Lévy


Nos cicatrices font de nous de que l'on est...
Celles que l'on ne voit pas, encore plus que celles que l'on porte sur son corps...
Les cicatrices, c'est bon signe...
ça signifie que la plaie est refermée, que les chairs se sont reformées... que nos défenses ont bien fonctionné...
Les cicatrices sont comme des albums de souvenirs, dont les traces s'effacent avec le temps, mais dont il reste, quand même, quelques indices, pour remonter le fil de notre histoire, et poser des repères historiques, sur nos jours qui défilent...

On n'est pas égaux non plus devant les blessures...
Y a ceux qui donnent les coups en premiers, et ceux qui reçoivent sans savoir quoi en faire...
Y a ceux que rien ne semble atteindre, et ceux qui marquent tout de suite...
Y a ceux qui cicatrisent plus vite que leur douleur, et ceux pour qui ça s'infecte...
Y a ceux qui savent détruire la souffrance et ceux que ça gangrène et qui l'égrènent partout...
On n'est pas égaux devant l'égalité...

Pour certains, les cicatrices rappellent la blessure... pour d'autres, elles rappellent la douleur...
Même si douleur et blessure vont souvent de pairs, elles ne sont pas pour autant similaires...
La blessure, c'est l'endroit de la cassure, de la fêlure... c'est le lieu de le douleur...
La douleur peut exister même sans blessure... et rien ne permet de détecter le degré de cicatrisation de ses émotions blessées...
Le temps est parfois lui-même, à la fois une douleur ou une blessure... parfois même les deux à la fois...

Il y a des chutes spectaculaires qui ne font pas de casse... et des trébuchements qui déstabilisent tout à l'intérieur, sans qu'aucune lésion ne soit visible ou détectable à l'œil nu...
On ne peut pas se fier sur les cicatrices pour juger des épreuves d'une vie...
Souvent, la pudeur jette le voile sur nos cicatrices intimes, et les grime d'un maquillage de légèreté, de déni ou d'oubli...
La mémoire du corps et de l'âme a sa propre autonomie par rapport à notre confort intellectuel, et nous n'illusionnons personne quand on feint d'avoir tout oublié de nos souffrances et de nos blessures...
La douleur est une émotion/réaction spontanée...

" Avec le temps, va... Tout s'en va..." disait le poète...
C'était pour la rime, c'était parce que ça faisait beau... parce qu'à dire vrai, avec le temps tout ne s'en va pas... avec le temps,tout se relativise, c'est tout...
A part les amnésiques accidentels et les lobotomisés, aucun de nous n'oubliera jamais les plus grandes souffrances qu'il a enduré, même si naturellement, et heureusement, il en aura oublié le plus souvent, l'intensité de l'immédiateté...

Le temps est notre ami... Nous ne luttons pas contre lui... mais avec et grâce à lui... ...

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