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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 22:46

 

" On n'écrit pas librement tant qu'on pense à ceux qui vous liront."

J. Grenier


Si l'on écrit dans une logique de lecture, et que l'on pense à ceux qui liront nos mots, alors on se contraint à affronter l'auto-censure. Bien pire que tous les censeurs réunis, l'auto-censure brise dans la pensée même, les mots qui nous paraissent trop sujets à interprétations subjectives...
A moins d'écrire des articles relatant des cours de la Bourse ou indiquant des indices chiffrés précis, tout le reste est littérature, propre à être examiné sous divers angles... même pour la plupart des écrits journalistiques officiels....

Ainsi faut-il s'affranchir de porter un jugement sur les mots qu'on laisse s'évader, et les cueillir juste comme ils viennent, les assembler suivant les règles de l'art d'écrire et de la grammaire, et ne pas essayer d'en tirer quoi que ce soit d'autre... sauf à vouloir s'exposer à ses propres foudres...

L'auto-censure est protection... plus que désir de refouler ou de cacher...
L'auto-censure est souvent celle, par laquelle n'arrivent jamais à pleine maturité l'expression de nos sentiments et ressentis les plus sincères. Elle oscille entre pudeur, prudence et retenue...
L'auto-censure joue aussi le juge moral et social, et revêt sa plus belle gomme pour réduire à néant des kilomètres de mots qui passent d'écrit à blanc, en quelques épluchures...

L'auto-censure brandit ses garde-fous...
Elle garde de nos mots, les plus poignants ou les plus délirants, s'assurant par là de notre intégrité psychique au regard du lecteur, qui ne manquerait pas de remarquer ces confessions impudiques ou ces théories d'aliénés qui parfois, s'échafaudent toutes seules, quand on libère les mains du canal de la pensée rationnelle, et qu'on les laisse jouer, là, en pleine liberté, rebondissant d'une touche à l'autre, comme des puces endiablées, qui martèleraient leur rythme jazzy sur le clavier docile...

Le pire est de savoir, que certains lecteurs trouveront des sens plus ou moins cachés ou ésotériques... là même où l'on n'a rien glissé d'autre que la spontanéité des mots... Alors on relit, et on cherche , ce que l'on a pu soi-même s'escamoter... On découvre que certaines phrases sont sujettes à mauvaise interprétation, ou bien que la ponctuation sert grandement, et qu'il ne faut pas oublier d'en user convenablement...

Des passages seront susceptibles d'être plus parlant pour certaines personnes, qui se sentiront comme "concernées", comme si les mots s'adressaient bel et bien à eux... comme s'ils en étaient presque la source inspiratrice...
Quand après les avoir écrit, on prend conscience de ce phénomède d'identification dont le risque est toujours présent, on a le choix de supprimer ces passages ou de les écrire de manière un peu différente, ou bien d'assumer cet illégitime octroiement qui peut avoir lieu et l'idée de cette écriture intentionnelle... même si nous n'y avons projeté aucune ... intention au départ...

Somme toute... l'auto-censure n'est qu'un combat que l'on a à livrer avec soi-même...
Ce n'est même pas la peur de l'exposition au jugement d'autrui qui la motive, elle agit plus en répression instinctive qu'en analyse de conséquence...

L'auto-censure n'est qu'un frein à sa propre liberté d'expression qui ne repose sur aucun fondement réellement valable...
Elle est rude compétitrice et défend ses droits de la façon la plus éprouvante qui soit, en nous jetant à la réflexion, tous les risques de critiques auxquels on s'expose en s'écartant de ses recommandations...

Mais qui écrit sans folie... n'est pas si lisible qu'il croit...Non ?... ...


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